C’est une réflexion que je me suis faite lors de la manifestation du 23 septembre au cours de laquelle nous parlions entre manifestants d’une grève générale.Puis sur le blog rêver de nouveau, dans un billet récent (d’autres blogs sans doute aussi, mais c’est là que j’ai enfin écrit ma pensée profonde) Leunamme pose les problèmes conjoncturels de l’unité syndicale, du temps raccourci par le gouvernement, etc… et je m’y suis enfin lâchée, je vais reprendre ici :Oui les jours de grève coûtent chers, ils ont eu 2 jours de manque de salaire en septembre, c’était beaucoup, vers le 12 octobre ce sera le premier jour pour octobre. Je le dis, je l’ai écrit ici depuis le début, mais durant la manif je dis tout autre chose en me référant simplement à l’histoire des conquêtes sociales si durement acquises.Les premières conquêtes salariales se sont faites au XIXe, ils étaient dans une situation que je ne vais pas vous rappeler, il n’y a qu’à vous rafraichir les idées en lisant Victor Hugo ou Zola. Le mieux étant de se pencher sur Jaurès, les grèves des mineurs de Carmaux par exemple. Même les films inspirés de cette époque nous le montre : 1900 de Bertolucci, Les misérables dans différentes version, Germinal, on y voit la réalité de la condition ouvrière -prolétaire étant le meilleur mot pour l’époque -, les images sont des fois (pas toujours) plus fortes que les écrits pour les paresseux…Et en 1936 étaient-ils dans une meilleure condition à l’époque ? NON. La crise de 1929 avait appauvri tout le monde – même les possédants -, le chômage avait dangereusement augmenté et ils ne recevaient aucune indemnité : ils étaient solidaires. Ah j’ai dit le mot. C’est un mot qui n’a plus aucun sens.En juin 1968 : étaient-ils plus à l’aise que maintenant ? pas non plus, malgré toute la propagande qu’on nous infuse comme quoi les trente glorieuses… non.Donc je crois que le problème est ailleurs : consommez vous rendra heureux, c’est le mot d’ordre qui trouble toute conscience de classe ou désir d’avenir (je ne suis pas pro Ségo), les gens ne vivent plus que dans l’instant. Et surtout il n’existe plus de conscience de classe, c’est totalement démodé, j’ai commencé à montrer que les riches eux ont une conscience de classe, les pauvres tout est fait, et ils en sont totalement submergés par cette propagande car c’en est une, on leur dit et répète que le bonheur est chacun dans sa case…Je rajouterai aussi que le sujet des retraites est éminemment politique, donc pas seulement syndical, c’est arrêter le tournant d’une idée, d’un idéal de société que nous voulons ou non pour nous, au présent et au futur : une société où chacun se débrouille seul ou une société de solidarité et de redistribution des aisés vers ceux qui ont besoin d’aide ?Pour des raisons de médias ou autres, nous n’entendons pas suffisamment les politiques. Ou le problème serait que les politiciens de gauche n’en n’ont que le nom.