Prendre des photos apres observation, integration du vu et du ressenti

Mon rapport a la photographie a beaucoup evolue depuis mon premier appareil photo. Le premier appareil photo qui a compte dans ma vie etait un Minolta objectifs Vivitar (50 et 80) des annees 1970. Je mis des mois avant de me decider pour ce modele, lisant tous les depliants des marques, comparant les qualites : c’etait un investissement qui devait durer.Et me voila parcourant les rues de Paris, cadrant, appreciant les ouvertures, les vitesses, le noir et blanc, les tendances couleur de Fudji, Kodak ou ?. Tres vite j’appris que plutot que de tirer sur papier toutes les photos le mieux etait les planches contact, qu’on observait a la loupe, qui faisaient faire de subtantiel economie de tirage papier. Puis des voyages divers en France et Europe…La premiere fois que je pris conscience de mon attitude fut au Maroc, la je m’apercus que je vivais le voyage l’oeil visse derniere le viseur, en quelque sorte protegee du reel. J’en fus choque : comment je ne voyage pas pour voir et ressentir des gens, des coutumes, des paysages, mais pour ce que je vais filtrer dans mon objectif ? Au retour je posais mon appareil et m’interdis d’y toucher. Il fallait que je prenne les choses dans l’autre sens, il fallait que je voyage et qu’eventuellement je prenne une photo de temps en temps. Puis je m’abstins de prendre des photos et meme je revendis mon appareil.Je ne pris plus de photos du tout pendant de longues annees, j’emmagasinais les souvenirs dans ma tete, pour ca je developpais mon observation. L’observation n’etait pas qu’avec les yeux, elle etait aussi avec le corps faites des sensations (couleurs, odeurs, distances, hauteurs, formes), et aussi avec la tete dans un aller-retour permanent entre tous les voyages que je faisais depuis tres jeunes, les livres que j’avais lu avant de partir (tres longtemps avant ou juste avant), ce que je savais de mon pays, ma culture, les habitants des diverses regions de mon pays. Et donc des comparaisons permanente pour ajuster mon connu a mon inconnu, le connu changeant d’aspect, l’inconnu commencant a etre compris, la decouverte permanente meme dans ma ville habite 50 ans : Paris.Fin des annees 1990 debut 2000, bien que sans fonds, je me decidai a faire un achat par emprunt d’un numerique (Nikon, vole recemment). J’avais peur du numerique, j’en voulais pas du numerique, tout etait decide par une programmation interne avant mon achat, et ma liberte de choix et d’erreurs ?Armee de ce nouvel engin je re-commencais a prendre des photos. Apres avoir procede comme avec un argentique en « mieux » en retouchant et recadrant les photos sur ordinateur, je compris que le mieux est de jeter ce qui n’est pas rendu comme voulu.La suite vous la voyez sur ce blog. Mon appareil est dans ma poche ou mon sac, je ne le sors que quand je le sens, si le sujet que je vois/ressens j’ai envie de vous le montrer ou de l’avoir pour definitif. Je ne fais jamais des photos pour l’esthetique, je ne fais des photos que pour le vivant qu’elles vont transmettre, pas de malentendu : je cadre et cherche que ce soit agreable a regarder, et le numerique permet des choses impensables sans 1/4 hre de calcul, le temps que la scene n’existe plus donc, tel :Ce sont des articles de Denis qui m’ont inspire ce sujet.

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