Islam de France : indignez-vous

Cet article est la reproduction exacte d’un commentaire par Thibault, dont le blog est Esprit Critique & Penser Libre, avec son assentiment, les illustrations sont choisies par moi, elles étaient déjà dans d’autres articles sur l’islam.

Si tous les débats sans exception sont légitimes dans un pays comme la France, faut-il encore que la manière et le tempo soient dans l’esprit respectueux des sujets concernés. Les musulmans sont indignés des tournures que chaque débat engendre lorsqu’il est question de l’Islam. L’écrasante majorité des musulmans vivent leur foi comme ils peuvent souvent dans une précarité et des conditions indignes pour un pays comme la France qui se dit égalitaire, libre et fraternelle. Le débat sur l’Islam de France tel qu’il est lancé et présenté par l’UMP n’est qu’un remake du débat sur l’identité national d’Eric Besson sous l’égide de notre président M.Sarkozy.

A force de parler tous les jours de l’Islam, sur tous les supports de communication possibles et imaginables avec en prime une mise en lumière exclusive d’une image négative de l’Islam que les médiats utilisent en fond de commerce pour augmenter leur audimat, rien d’étonnant que le FN face chaque jour le plus de partisan. Chaque débat sur l’Islam est l’occasion d’ouvrir les vannes de la haine et de l’islamophobie pour mieux radicaliser l’opinion française sur ce sujet. A cela il faut rajouter en toile de fond la crise économique et les risques d’immigrations agités comme un épouvantail avec les pays arabes qui sont en ébullitions. Le cocktail explosif est réuni pour remonter les français les uns contres les autres et renforcer les extrémistes de tout bord. Si le gouvernement français d’aujourd’hui et la droite républicaine de demain continuent de légitimer les idées du FN, nous allons tout droit vers une balkanisation de la société française.

Certains élus se ridiculisent en se substituant à des théologiens ou experts en Islam pour dicter l’art et la manière dont les musulmans doivent s’organiser et pratiquer leur croyance. Chose impensable pour les autres religions, mais pour les musulmans en manques de représentation dans les médias et dans les sphères politiques, tout devient possible, la pilule passe à chaque fois; le voile à l’école, le hallal, la burqa, les minarets, les mosquées, les prières dans la rue…. L’un des feuilletons le plus suivie par les médias est sans nul doute l’Islam et les Musulmans. Tant que les musulmans sont divisés, les médias, comme les partis politiques de tous bords pourront nous insulter et nous manipuler à leur guise.

Les musulmans de France ne demandent pas de traitement de faveur pour la construction des lieux de cultes, nous ne réclamons pas de l’argent public, avant cela il faudrait simplement donner des autorisations de construire lorsque cela est justifié et faciliter les démarches administratives. L’urgence est là. Nous ne voulons pas d’investisseur qui demain vont nous dicter notre manière de pratiquer notre foi musulmane et choisir notre imam pour nous. Les prières dans la rue sont la résultante d’une hypocrisie flagrante de certains de nos élus qui sont pusillanimes face aux attentes de leurs concitoyens musulmans qui sont traités comme des parias que l’on souhaite cacher du reste de la société française en refoulant systématiquement les mosquées et lieux de cultes dans les zones industrielles.

J. Copé ayant très bien compris l’impacte des médiats sur l’orientation des flux des opinions allant au FN prend les devants pour attirer les projecteurs vers lui. Son but est de faire une démonstration de son courage politique sur le dos des musulmans. L’avenir des musulmans en France s’articule et s’organise au coup par coup avec une constance qui suit le calendrier des élections locales et nationales. Entre le voile et le niqab, les minarets et les prières de rue, entre le marché du hallal et la cantine tout, absolument tout, est bon à prendre pour créer un débat dont les enjeux et les ambitions sont à peine voilé par ceux qui instrumentalisent ces sujets. Les vrais gagnants sans aucun doute seront les hommes et les femmes politiques qui surfent sur la peur et la menace de l’autre. Le populisme se démocratise dans le langage comme dans les actes de nos hommes politiques. Si la droite nous indigne par leur incitation à la haine, la gauche nous afflige par son silence complice. Chaque jour des mosquées, des tombes, des femmes musulmanes… sont attaqués sans que cela face réagir le gouvernement et les élus politiques.

La politique du gouvernement actuel est plus qu’insultant pour les français musulmans. Nous sommes infantilisés à tous les niveaux. On réfléchi pour nous, on discute à notre place et on décide comment il faut pratiquer et organiser notre religion ! Comble de l’histoire nos éminents politiciens, qui surfent sur la vague populiste à la mode, veulent contrôler tout ce qui touche à l’islam de près ou de loin. De la construction des mosquées aux prêches dans ces dernières, de la langue utilisée et de la formation des Imams. On croit rêver, les méthodes en employées par les dictateurs arabes de la vergogne de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi sont en passes de prendre forme en France. A chaque fois on utilise la lutte contre le terrorisme et les intégrismes pour justifier l’ingérence dans les affaires cultuelles des musulmans.

Plus que jamais les musulmans doivent dire NON ! NON et NON, à cette ingérence inadmissible qui humilie et stigmatise tous les musulmans comme des ennemies potentiels de la République. Mieux vaut vivre sa foi dans un garage qu’une mosquée cathédrale où nous n’avons pas la liberté d’expression. Les musulmans doivent prendre conscience des dangers et des conséquences de cette dérive politicienne que la droite en générale en France veut nous imposer avec une certaine complaisance des parties de gauche à défaut de proposition ou d’idée. Plutôt que de s’attaquer au vrai problème du chômage chez les jeunes, le gouvernement créer des diversions artificielles pour que les français ne s’attardent pas sur leur incompétence et les promesses électorales non tenues.

Les Musulmans de France doivent faire leur révolution dans les mosquées et les institutions qui les concernent directement. À l’image de la rue dans nos pays arabes, il faut par la pression interne chasser tous les pantins à commencer par le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur qui depuis 1992 est à la tête de la mosquée de Paris. En France dans un pays démocratique qui inculque le changement à la tête des institutions par les urnes, on subit les autocrates au sein des mosquées et des associations musulmanes. Ces recteurs et présidents s’autoproclament recteur à vie ou président de telle mosquée ou telle association en CDI. Aucune place n’est faite pour la relève et le changement. Ces représentants autoproclamés soutenus par le gouvernement ou des maires de droite comme de gauche n’ont d’existence que par leur trahison aux valeurs et aux principes de l’Islam. il est grand temps que les fidèles des mosquées arrêtent de venir à la mosquée que pour prier et rentrer chez lui, il faut que chacun s’intéresse aux dépenses de l’argents collectés ainsi qu’à la gestion des mosquées et des associations pour éviter le système autocratique la soumission de nos structures aux ambitions des hommes ou des femmes qui trahissent l’islam pour quelques flatteries et reconnaissances médiatiques ou politiques.

L’Islam de France que l’on souhaite nous vendre est l’Islam épurée de Boubakeur ou de Chalgoumie à la solde des hommes politiques pour un brin de lumière médiatique. Certain recteur et dirigeant de mosquée ou d’organisation islamique sont en place depuis plus de dix voir quinze ans si ce n’est plus. Ces recteurs ou imams qui on vendu leur âme pour le prestige et la reconnaissance médiatique contribue à diviser les musulmans entre eux. L’esprit clanique est entretenu pour que les musulmans ne puissent pas s’unir et avoir une voix qui porte dans le champ institutionnel et politique de notre pays. Plus que jamais les musulmans ont besoin de développer une identité français islamique et républicaine empreinte d’une foi sincère sans concession et décomplexée. Ce n’est pas en altérant notre religion que nous seront plus admis ou tolérer dans la société. Il faut être fier de ce que l’on est en tant que musulman et être respectueux de la différence des autres. Notre avenir dépend de nos engagements politiques et de nos actions sur le terrain dans tous les instants..

Les musulmans doivent s’investir dans la société civile à tous les niveaux, ils doivent mettre deux priorités fondamentales pour leurs enfants : une éducation islamique solide et une instruction scolaire de haut niveau. Il faut s’organiser chacun à son niveau dans une synergie collective pour que les ambitions et les moyens qui doivent être mis en œuvre soient efficaces pour nos enfants et la génération à venir. Il faut mettre en place des structures avec des enseignements adaptés à notre environnement en France et en Europe. Nous devons investir les associations, les structures scolaires, les élections des représentants de parents dans les écoles de la maternelle au lycée. Nous devons développer une conscience syndicale pour mieux défendre nos droits faces à des discriminations inadmissibles. Des associations d’avocat et juriste doivent se mettre en place pour venir en aide aux familles musulmanes discriminer. Chaque action individuelle et collective compte. Il faut refuser le repli sur soi et s’impliquer ouvertement dans la mesure de nos moyens et de nos capacités pour combattre toute injustice que la victime soit musulmane ou pas. Notre combat de tous les jours doit être contre les injustices, les inégalités et les discriminations.

Il est impératif que les musulmans se sentent psychologiquement chez eux en France et en Europe. Nous devons sortir des positions victimaires des conséquences du colonialisme… pour développer une conscience active et positif si l’on souhaite influer et prendre notre destin en main en France et en Europe. Nous avons en tant que musulman français des devoirs et des droits comme tout le monde encore faut il les connaitre pour protéger sa liberté de pensée et son indépendance organisationnelle. Nos jeunes doivent s’impliquer en politique plus que jamais si l’on veut préserver nos valeurs et lutter dans le cadre républicain contre toutes les formes d’islamophobie, de discrimination et de racisme. Notre avenir dépend des projets et des actions qui doivent être pensées et mise en pratiques aujourd’hui. Plutôt que d pleurer demain battons nous aujourd’hui pour un avenir meilleur et une société juste et égalitaire.

R.A

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