Regardant hier soir sur la 2 le film Les témoins de André Téchiné m’est revenu tout ce que j’avais croisé concernant le Sida durant les années 80 et suivantes.Déjà il faut nous remettre dans le contexte. Après avoir vécu une restriction totale concernant la sexualité jusqu’en 68, les années 70 nous apportèrent la contraception, la liberté de nos corps, que la femme n’était pas une putain (c’était ce qu’on disait) si elle couchait.
M’est venu, ou plutôt m’est arrivée dans la figure, par des images que je ressentais violentes sur la télé (je ne retrouve pas l’image de l’époque elle ressemblait à ça) ce genre d’images. Déjà rouge et avec tous ses piquants il n’a pas une tête sympathique. Les commentaires étaient eux aussi de l’ordre de l’épouvante. La mort certaine en passant avant par toutes les maladies opportunistes possibles cancers et maladies de peau comprises.Il se trouve que c’est relativement tardivement que j’ai été informé de cette manière, c’était en avril 1985. Je revenais d’un séjour de 3 mois au Sénégal. J’avais vécu ma sexualité comme d’habitude au gré de mes envies. Sur place, dans le quotidien « Le soleil » il était question d’une maladie transmise par les singes vivant au centre de l’Afrique. Comment ne pas penser donc que c’était encore une manière nouvelle de racisme envers des Africains qui étaient censés avoir copulés avec des singes ? Et donc nous ne l’avons pas pris au sérieux.Et voilà que juste en revenant je vois ces informations à la télévision. Avais-je « attrapé » la mort ? Avais-je la mort en moi inexorablement ? en juste faisant l’amour avec des Africains ?Je ne me précipitais pas vers un hôpital pour faire un test. Et même je fis l’inverse, je me mis pour de longues années la tête dans le sac : j’avais peur de savoir. Mais je changeais totalement mes moeurs sexuels ; enfin pas tout à fait, car je dépendais à nouveau du bon désir des mecs de mettre ou pas un préservatif. Retour en arrière. Nous prenions, nous femmes, la pilule sans en informer ou n’avoir rien à demander à un mec, nous étions autonomes, et là nous redevenions dépendantes d’eux. Et ils ne voulaient pas entendre parler de préservatif. Ils étaient persuadés d’une chose : tu te laves, moi aussi, donc……… bêtise grossière. Comme s’ils ne savaient pas qu’une bactérie ou un virus pénètre dans le corps (par ex. la grippe) sans rapport avec se laver ou pas.(à suivre…………)