Je suis épouvantée depuis l’ouverture de l’affaire Woerth-Bettencourt. Cette épouvante plutôt que de se calmer empire à l’information du rapport de IGF qui blanchirait Woerth.Qu’est l’IGF, car comme pour le procureur Philippe Courroye du parquet de Nanterre placé sous l’autorité de l’exécutif, la place dans la hiérarchie de Inspection Générale des Finances est tout aussi contestable pour rendre un avis neutre :
l’IGF est placé sous la tutelle directe du ministère de l’économie et du ministre du budget, ce rapport est signé de l’inspecteur général des finances, Jean Bassères.
Alors ils nous montrent ce rapport un dimanche après-midi 12/07, tout content d’eux, la veille de l’intervention du president de la République à la télévision, demain lundi. Sarkozy veut pouvoir appuyer sa contre attaque à la télévision avec un rapport qu’il nous brandit sous les yeux, mais ce rapport n’a aucune valeur d’indépendance et renforce au contraire l’imbécilité d’un pouvoir qui emploie et amplifie ses manipulations.Alors la question que je me pose depuis tous ces jours est :
le régime politique de la France est-il encore une démocratie ?
Je ne sais ce que j’espérais d’un tel pouvoir, peut-être que c’est plutôt des Français eux-mêmes que j’attends quelque chose, quoi je ne sais, en plein été, la veille du 14 juillet, les Français partis en vacances pour un mois, la clique qui est au pouvoir s’appuie sur l’assoupissement de l’opinion publique qui a envie de penser à autre chose et en a besoin après une année de travail.Nous sommes dans une situation pire que l’Italie dont on se moque volontiers quotidiennement en France, car au moins dans ce pays les journalistes sont capables de faire corps en faisant un silence total d’une journée pour protester contre une mesure qui risque de les empêcher d’enquêter.Chez nous les journalistes sont dans leur grande majorité (pas tous) restés muets aux insultes proférées contre un des leur – Mediapart – qui a été traité de « fascistes, trotskistes » et autres insultes infamantes. Ils ont du oublier ce que signifiait le mot fasciste.C’est le pouvoir en place qui emploie ces méthodes, en détournant l’information, en restant dans des contre vérités, en refusant de reculer, l’attaque étant la meilleure des défenses ils contre- attaquent par tous les plus bas procédés qui sont a leur portée, sans même voir qu’ils agissent contre la démocratie.Ils enfoncent le pays dans un pouvoir qui se veut tout puissant, qui aurait tous les droits, dont des insultes à des journalistes qui ne font que leur métier. Une démocratie ne peut vivre sans ce contre pouvoir. Les grands médias sur papier étant à la remorque, ne faisant que commenter, pas trop durement, la presse sur internet – @rrêt sur images en premier, puis maintenant Mediapart – est maintenant faite par des journalistes d’investigations qui débusquent les fautes graves du pouvoir.Les graves erreurs commises depuis la campagne des présidentielles de 2007 qui nous sont découvertes, auxquelles, nous citoyens et nos partis d’opposition, n’avons pris garde dans un esprit non suffisamment critique vis-à-vis d’un pouvoir qui a joué la séduction par les promesses. Nous savions pourtant qu’un seul homme, Eric Woerth avait cumulé : responsable du financement de la campagne de Sarkozy, de la trésorerie de l’UMP et du budget de l’Etat qui demande des influences contradictoires – plaire à des gens pour les financements qui eux-mêmes ont besoin en retour qu’on ferme les yeux sur leur besoin de payer le moins d’impôt possible, autrement dit d’être le moins solidaire possible envers leur Patrie.Jusqu’où ces procédés vont emmenés la France ? Je viens de réouvrir quelques livres sur les causes de la Révolution de 1789, sur la 2ème République, sur le coup d’état de Napoléon III… il y a des points communs.Les pays anglo-saxons ne pourraient avoir de telles indulgences. Les ministres auraient été chassés.Honte à notre régime politique qui est incapable d’accepter les contre pouvoirs necessaires dans une démocratie.