Technique du bandage des pieds et ses conséquences (Chine)

Il est de mode de parler sans cesse de la burqa, du niqab, moins des atteintes directes aux corps des femmes telles l’excision, l’infibulation ou le bandage des pieds. Les premières exactions se passent la plupart du temps dans des pays musulmans – honnis par l’occident – bien que la tradition de cacher le corps de la femme ne soit pas une tradition instaurée par la religion musulmane mais une tradition qui remonte à des temps antérieurs dont les habitudes ont été gardées, sans chercher plus loin le pourquoi ni le comment, ni surtout la remise en cause. Ce n’est pas écrit dans le Coran. Mais parlons du sujet de ce billet :

On parle moins des femmes Chinoises aux pieds bandés, de toutes classes sociales, la Chine ayant une culture considérée plus estimable que les pays méprisés, coutume qui remonte à la Chine ancienne. Cette coutume a commencé à être interdite, sans beaucoup d’effet, à partir de la république (Sun Yat Sen président 1912), il a fallu attendre qu’un gouvernement communiste (Mao Zedong 1949) arrive au pouvoir pour que cette interdiction soit effective, mais cela aussi est tu, le communisme ne peut qu’être mauvais et les femmes tout le monde s’en fout. La femme Chinoise était considérée comme un produit et une propriété de sa famille, dont elle changeait en se mariant.

Technique du bandage des pieds

« Figurez-vous une enfant qui, âgée de 5 à 8 ans, et jusqu’à un âge situé entre 13 et 15 ans (…) a les pieds bandés, nuit et jour et sans répit, au moyen de longues bandes de tissu destinées à leur faire prendre la forme, longue d’environ huit centimètres, de « lis dorés ». Pour raccourcir les pieds grâce à la pression constante du bandage, on maintenait les quatre petits orteils repliés sous la plante des pieds.

Si la jeune fille avait essayé de marcher normalement, elle aurait naturellement fait porter tout le poids de son corps sur les os de ses orteils, ainsi recourbés sous ses pieds. Cependant, il n’est pas possible de le faire, car entre-temps, le bandage, qui avait pour fonction de raccourcir les pieds en les compressant d’avant en arrière, provoquait une telle fracture de leur cambrure qu’il n’y avait plus que l’arrière des talons pour supporter tout le poids du corps.

À mesure que la voûte plantaire était progressivement brisée, le plat des talons et la plante du pied passaient l’un vis-à-vis de l’autre d’une position horizontale à une position perpendiculaire, de telle sorte que l’on finissait par pouvoir insérer une pièce de monnaie dans l’espace étroit qui les séparait. Désormais, la jeune fille ne pourrait plus courir ; elle était condamnée à marcher sur ses talons, et avec difficulté. Même la simple position debout était inconfortable. Une fois que les pieds cessaient de croître, la douleur s’en allait, mais il fallait continuer de porter les bandages, en partie pour maintenir les pieds, en partie parce qu’ils étaient atrocement difformes et donc horribles à voir… » (1)

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(1) Histoire de la Chine, des origines à nos jours de John K. Fairbank et Merle Goldman, éd. Tallandier, 2010 pour la traduction française, 749 p.

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