Tunisie : tous (gauche&droite) les gouvernements français ont appuyé Ben Ali

Sur Chalenges.fr

  • Le 11 janvier, trois jours avant la chute de Ben Ali, une petite phrase de la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, devant le Parlement, déchaînait les passions : « La Tunisie, disait-elle, pouvait compter, si elle le souhaitait, sur le « savoir faire » policier de la France pour rétablir l’ordre sans faire de victimes. »(…) ce débat a mis en lumière la relation étroite entre la France et l’ancien régime tunisien, gauche et droite se renvoyant la balle.
  • Ainsi le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, né à Tunis et propriétaire d’une maison à Bizerte (nord) a dû se défendre d’avoir été « un valet du pouvoir » tunisien.
  • Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, s’est défendu de tout « compromis », même s’il avait reçu la nationalité tunisienne dans les années 1990 en récompense de l’organisation d’une année culturelle franco-tunisienne.
  • La France est étroitement liée à son ancien protectorat, indépendant depuis 1956 (…)
  • « C’est l’intimité de deux régimes qui a fait que ceux qui auraient dû comprendre les premiers ont semblé être les plus décalés », observait jeudi l’éditorialiste Alain Duhamel dans Libération.
  • La France « est restée dans une sorte d’aveuglement idéologique » jugeant « que Ben Ali était une rempart contre l’intégrisme islamique et contre l’immigration clandestine », expliquait cette semaine Vincent Geisser, spécialiste du monde arabe et musulman. Si l’attitude des autorités a été âprement critiquée, les opposants tunisiens, pour beaucoup exilés en France, ont salué le soutien de la société civile française.

Sur 20minutes.fr

  • 1995: le 6 octobre, le président de droite Jacques Chirac, lors d’une visite d’Etat de deux jours à Tunis, affirme que le président Ben Ali a engagé son pays «sur la voie de la modernisation, de la démocratie et de la paix sociale». Il ajoute que laTunisie est en «marche vers le progrès et la construction d’un Etat de droit», assurant que «les avancées» vers la démocratie se font jour après jour.
  • 1997: à l’occasion de la visite d’Etat à Paris du président Ben Ali, les 20 et 21 octobre, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin appelle «à une ouverture plus grande aux valeurs de la démocratie et du pluralisme».

De son côté, le président Jacques Chirac continue de vanter les «profondes réformes» qui ont «renforcé la démocratie, le pluralisme et les droits de l’homme».

  • 2003: le 3 décembre, à Paris, Jacques Chirac déclare, à propos de l’avocate et opposante Radia Nasraoui en grève de la faim à Tunis que «le premier des droits de l’Homme, c’est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat. De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays».
  • 2008: le 28 avril, le président de droite Nicolas Sarkozy, en visite d’Etat en Tunisie, déclare: «Certains sont bien sévères avec la Tunisie, qui développe sur bien des points l’ouverture et la tolérance (…). L’espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer».

Le 30 avril, Nicolas Sarkozy salue une nouvelle fois les progrès accomplis en Tunisie: «Tout n’est pas parfait en Tunisie, certes (…), mais je veux le dire aussi parce que je le pense, quel pays peut s’enorgueillir d’avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison?»

  • 2009: le 10 novembre, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, issu de la gauche, se dit «déçu» par le régime tunisien après des arrestations de journalistes, dont l’opposant Taoufik Ben Brik. «Quand on a été élu pour la cinquième fois et qu’on dirige ce pays avec habileté, je pense que c’est inutile», affirme le ministre, un mois après la réelection du président Ben Ali avec 89,62% des voix.
  • 2011: Le 11 janvier, trois jours avant la chute de Ben Ali et alors que les victimes de la répression se comptent par dizaines, la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, assure devant le Parlement que la Tunisie peut compter, si elle le souhaite, du «savoir faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité» pour «régler des situations sécuritaires de ce type».

Dans les jours qui suivent, l’opposition se déchaîne contre la ministre, fustigeant une «faute grave», un «déshonneur» pour la France, les écologistes allant jusqu’à exiger sa démission.

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