Après un re-essai infructueux de trouver un emploi (après 8 ans de recherches et d’essais divers) il me fallait trouver autre chose.
2 – Représentation
Qu’avais-je en main ? un stock de bouteilles de vin et d’alcools de plutôt bonne qualité, reste de la cave que je venais de fermer. Je l’avais fermé parce qu’une bouteille c’est très lourd et qu’il faut en vendre beaucoup dans une journée sans compter toutes les manipulations d’arrivage, de rangements, de déplacements des cartons et que mes os ou muscles ne pouvaient plus. J’avais cherché un employé pour m’aider : 3 essais (d’hommes jeunes) suivis de refus, eux non plus ne pouvaient ou ne voulaient pas faire ce boulot.Le seul moyen était de me mettre sur les routes et de faire du « porte à porte » auprès des cavistes. Sans moyens pour payer quel qu’hôtel que ce fut, une amie (1) – sur demande – me mit en contact avec une de ses connaissances habitant une grande ville.Il me fallait réformer mon état d’entreprise personnelle en représentation. Et tant que j’y étais, et comme j’avais payé tous mes vignerons (trop honnête je le payerai, moi, cher) j’en contactais quelques-uns qui justement… Déplacements chez eux, dégustation (eh oui j’ai un palais), choix, discussions des conditions, des idées, contrat, livraison de plus de stocks mais là d’échantillonnages.J’avais une Twingo. Je fis tout tenir dedans (en rabattant les sièges arrières) : des caisses en carton contenant les bouteilles debout pour les prendre facilement, le tout recouvert pudiquement d’une vilaine couverture pour éviter les convoitises.
J’emménageai chez cette gentille personne (prof, avec qui j’avais peu de choses en commun… mais elle m’hébergeait dans sa cave où était aménagé un lit et une table de nuit), femme célibataire avec deux enfants. Évidemment j’étais mêlée aux chamailleries des adolescents avec leur mère.Enfin je commençais ce qui dura un ou deux mois (j’ai oublié) armée des adresses de caves, des plans de villes. On perd beaucoup de temps à s’orienter même quand on a le sens de l’orientation dans ces villes dont on ne sait rien : sens uniques non indiqués sur les plans, embouteillages.Je voyais les pleins partir à toute vitesse… et pas de commandes. Je finis par arrêter. Il faut savoir s’arrêter avant le pire, le grave étant déjà en cours. Suite 3 …________________(1) la seule qui me reste du désert qui se fit autour de moi