Et si en ce week-end d’élections présidentielles on se souvenait de celles de Pétain et de Hitler ?

En ce week-end d’élections du Président de la République où il est interdit de parler de ces élections je trouve intéressant de rappeler deux élections qui ont bouleversé les démocraties. Je n’ai malheureusement pas de livres dans ma bibliothèque qui aient les précisions, bien que j’y ai beaucoup de livres d’histoire je n’ai pas tout malheureusement ! sur Pétain je n’ai rien, sur Hitler je n’ai « que » sur la montée du nazisme et la conduite de la politique une fois au gouvernement. J’ai donc cherché sur le net où je ne trouve pas grand chose non plus !

Je vais donc faire des copies de ce que je trouve sur Wikipédia, ce que j’ai trouvé d’autres ailleurs disant les mêmes choses. Je commente avec les éléments que je connais déjà et y ajoute quelques liens de mes articles précédents.

Hitler, élections législatives du 20 mars 1933

Contexte : le septennat de Hindenburg se termine le 5 mai 1932. Hitler n’a pas la nationalité allemande, donc interdit d’être élu, mais il est nommé fonctionnaire d’état par Hindenburg qui n’arrêta pas de faire le jeu de Hitler. Dans une crise économique qui renouvelle l’inflation déjà connu en 1924. Aux élections du 14 septembre 1930, avec 6,5 millions d’électeurs, 18,3 % des voix et 107 sièges, le parti nazi devient le deuxième parti au Reichstag. Et surtout ne pas oublier que ceux qui portèrent Hitler au pouvoir ce ne sont pas les chômeurs mais les classes moyennes (fonctionnaires, médecins, etc), les campagnes en protestations, comme ceux qui votent Le Pen, les ouvriers n’ont pas voté Hitler, les protestants plus que les catholiques.

Le 30 janvier 1933 il est nommé chancelier. Le soir même des milliers de SA défilent dans les rues de Berlin.

Parti Suffrages exprimés Sièges
Parti national-socialiste (NSDAP) 43,9 % +10,8 % 288 +92
Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) 18,3 % -2,1 % 120 -1
Parti communiste d’Allemagne (KPD) 12,3 % -4,6 % 81 -19
Parti du centre (Z) 11,2 % -0,7 % 74 +4
Parti national du peuple allemand(DNVP) 8,0 % -0,3 % 52 +/-0
Parti populaire bavarois (BVP) 2,7 % -0,4 % 18 -2
Parti populaire allemand (DVP) 1,1 % -0,8 % 2 -9
Christlich-Sozialer Volksdienst (CSVD) 1,0 % -0,1 % 4 -1
Parti démocrate allemand (DDP) 0,9 % -0,1 % 5 +3
Parti des fermiers allemands 0,3 % -0,1 % 2 -1
Ligue agricole 0,2 % -0,1 % 1 -1
Autres 0,0 % -0,9 % 0 +/-0
Totaux 100,0 % 647 +63

Dans les zones à l’est de l’Elbe, les nazis obtiennent plus de 50 % des voix. À Berlin et Hambourg, ils en obtiennent moins de 35 %.

En dépit de la forte progression des nazis par rapport aux élections de novembre 1932, ces derniers, avec 43,9 % des suffrages, n’ont pas atteint les 50 % comme Hitler l’avait espéré. Par conséquent, celui-ci a été contraint de maintenir sa coalition avec le Parti national du peuple allemand pour contrôler la majorité au parlement. En outre, Hitler a besoin d’une majorité des deux tiers pour obtenir le vote de l’Acte générateur (une loi qui lui permettrait d’en promulguer d’autres sans consulter le Reichstag), qu’il a acquise après avoir persuadé le Parti du centre de voter en sa faveur. Le projet de loi a été votée le 23 mars. Seuls les sociaux-démocrate se sont opposés à la mesure, qui est entrée en vigueur le 27 mars, en tenant compte du fait que certains députés sociaux-démocrates ont été empêchés de siéger par les SA. Les députés communistes, représentant 17 % des effectifs du Reichstag, ont été arrêtés avant le vote pour leur rôle suspect dans l’incendie du Reichstag. Bien que l’Acte générateur n’était censé être effectif que pendant quatre ans, il a été officiellement prolongé à deux reprises. Le SPD et le KPD ont rapidement été déclarés hors-la-loi, et l’Allemagne s’est fermement établie comme une dictature.

Les nazis s’emparent du pouvoir dans tous les länders le 20 mars, font une cérémonie de propagande, le troisième reich est proclamée alors qu’ils n’ont pas la majorité.

NDA : c’est moi qui souligne et mets en gras.

Vote des pleins pouvoir à Pétain le 10 juillet 1940

Le contexte : l’armistice, après l’envahissement de l’armée de Hitler sur la partie nord du territoire français, le 22 juin 1940. Les civils fuyaient sur les routes, sans ravitaillement, mitraillés par l’aviation ennemie, des soldats sans ordre, accablés par l’impuissance. L’appel du général de Gaulle s’était fait le 18 juin. Peu de Français l’entendirent, dont 27 parlementaires qui embarquèrent sur le Massilia.

Il s’agit d’une révision de la Constitution proposée à l’Assemblée Nationale : rassemblement du Sénat et de la Chambre des Députés issue du vote du 3 mai 1936, celle dont fut issu le Front Populaire.
Le 10 juillet 1940, les parlementaires inscrits étaient au nombre de 846 (544 députés et 302 sénateurs)3 sur les 907 députés et sénateurs inscrits en 1934. Seuls 670 (sur les 907 parlementaires) prennent part au vote (426 députés et 244 sénateurs3), en effet, 176 parlementaires sont absents dont 27 sont à ce moment-là en mer vers Casablanca sur le paquebot Massilia (26 députés et un sénateur) ainsi que « 17 parlementaires décédés et un grand nombre se trouvant, à cause de la guerre, dans l’impossibilité de rejoindre Vichy ou ne souhaitant pas s’y rendre ». 61 parlementaires communistes (60 députés et un sénateur) ne peuvent siéger : depuis le 16 janvier 1940, ils sont déchus de leur mandat à la suite du pacte germano-soviétique et du décret-loi d’Édouard Daladier du 26 septembre 1939 interdisant le Parti communiste.

NDA : c’est moi qui souligne et mets en gras.

ma précision : Ceux qui sont sur le Massilia, dont Mendès-France à qui il fut fait un procès pour désertion, ont embarqué pour Londres. Vous remarquerez donc que les plus à gauche sont absents ou empêchés de votes. Suit sur Wikipedia la liste des députés qui ont voté contre ils furent 80, 18 abstentions. Il faut remarquer que le Sénat « du » Front Populaire s’est toujours opposé à celui-ci.

On peut trouver des précisions sur un site universitaire. Je dirais que la majorité sont SFIO (les PC étant interdits de vote je rappelle), mais que la diversité témoigne d’une décision individuelle et c’est pour moi le plus significatif.

Malgré tout il est significatif que tant dans le cas Hitler que Pétain on avait fait en sorte que les parlementaires de gauche ne puissent s’exprimer.

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