Vous connaissez ce titre, c’est un livre de Guy Debord qui fut en avance sur son temps. A l’époque on avait du mal à comprendre ce dont il parlait car il était en avance sur son temps il était déjà dans le notre.La première citation qu’il fait est de Feuerbach, source du marxisme autant que Hegel, qui se consacra à combattre le christianisme :
« Et sans doute notre temps… préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être… Ce qui est sacré pour lui, ce n’est que l’illusion, mais ce qui est profane, c’est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l’illusion croît, si bien que le comble de l’illusion est aussi pour lui le comble du sacré«
et Debord poursuit
« Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation.«
Une des raisons de nos hésitations est ce spectacle qui nous est offert tout n’est qu’illusion et rapidité. Il faut aller vite, jamais n’approfondir de peur que le spectateur ne change de chaine ou de longueur d’onde. Nous sommes dans une société du zapping.Mais l’homme a besoin de bien autre chose. Nous sommes dans la frustration permanente des biens que nous ne pouvons nous offrir, et aussi des idées que nous n’approfondissons pas par peur d’aller à la réalité trop vive en lumière. L’Homme est donc dans un déséquilibre permanent qui en France lui est revenu dans la figure un jour d’avril 2002 et qui le laisse traumatisé.Alors nous faisons des calculs arthmétiques qui ne mènent nulle part car nous savons que nous ne pouvons même pas nous reposer sur le socle des sondages, la réalité se dérobe en même temps qu’elle nous aveugle. Nous voilà désorienté car nous ne devons compter que sur nous-mêmes sans collectif pour nous porter sans la fraternité de l’échange dans la bagarre des actes et des mots. Nous voilà bien seul sans plus de lieu où nous frotter les uns aux autres dans cette solidarité sans laquelle l’humain ne serait plus sur terre, collé qui à son écran(1) qui à son illusion de communication(2)…_____________(1) télé (2) mobile…. le net étant une vraie communication !