L’article qui suit est du copier sur le site de l’émission de France-Inter « Là-bas si j’y suis » passé sur l’antenne le 13 mars 2007 « Un salarié sur dix risquerait un cancer dû a son travail » et donne les chiffres :
- 20 000 cas de cancers professionnels par an sur 2,5 millions de salariés…
pour le sida on n’en est bien loin, et tant mieux, mais on ne fait jamais aucune journée nationale concernant ces maladies professionnelles :
- Si, à juste titre, on parle énormément des 35 000 morts du SIDA depuis 1981, les 500 000 décès liés aux maladies professionnelles depuis la même date ne sont, eux, absolument jamais évoqués…
à lire :
Travailler peut nuire gravement à votre santééditeur : La DécouverteSous-traitance des risques, mise en danger d’autrui, atteintes à la dignité, violences physiques et morales, cancers professionnelsAnnie Thébaud-Mony300 p., 19 €Travailler peut nuire gravement à votre santé « Le travail, c’est la santé », chantait Henri Salvador. La réalité est pourtant parfois bien loin de cette équation : le travail peut aussi conduire à la maladie, voire à la mort. Et les raisons, souvent présentées comme purement « accidentelles » ou bien passées sous silence, sont en fait liées à des choix d’organisation du travail et à des politiques publiques les légitimant. C’est ce que montre de manière implacable Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches à l’Inserm, dans ce livre coup-de-poing.« Aujourd’hui, en France, selon les chiffres de l’assurance-maladie et du ministère du Travail, le travail tue, blesse et rend malade, à raison de deux morts par jour dus à des accidents de travail, de huit morts par jour dus à l’amiante, de deux millions et demi de salariés exposés chaque jour dans leur travail à des cocktails de cancérogènes, de millions d’hommes et de femmes constamment poussés aux limites de ce qu’un être humain peut supporter, moralement et physiquement. Est-ce le travail qui tue ou ceux qui, autour des tables ovales des conseils d’administration, décident de son organisation ? »Cette interrogation tisse le fil de ce livre, qui entend remonter la chaîne des responsabilités pour dénoncer l’impunité totale dont bénéficient, grâce aux règles du capitalisme néolibéral, ceux qui n’hésitent pas à porter atteinte à la santé, à la dignité et à la vie des travailleurs.Les nombreux témoignages et récits qu’on trouvera dans cet ouvrage sont accablants. À leur lecture, on ne peut qu’approuver cette préconisation de l’auteure : « la création d’un tribunal pénal international du travail, devant lequel seraient traduits en justice ceux qui, sciemment, transforment le travail en un lieu de violence et de mort ». Pour faire naître une telle initiative politique et pour imposer le respect du droit et des droits face à la domination économique, Annie Thébaud-Mony en appelle à la mobilisation citoyenne. Lire ce livre est donc une invite à la vigilance et la résistance.Marie-Soline Royer