Difficile de trouver un titre original pour introduire ce sujet. J’avais le 12 janvier 2012 déjà écrit un article ce sur même sujet (son dernier livre) intitulé : Michel Onfray un chien de garde nouvelle manière tout était dit. Alors pourquoi j’y reviens ? parce que d’autres en parlent et disent comme moi.
J’en ai été informé sur Là-bas si j’y suis que j’écoute souvent, pas toujours attentivement car je fais autre chose en même temps. C’était le jour de la revue mensuelle du Monde Diplomatique, ce qui a retenu tout à coup mon attention c’est le ton de celui qui parlait, dont j’ignorais l’identité, qui était remonté, en colère, la parole rapide et pleine d’une émotion moqueuse.
Et comme je suis abonnée au Monde Diplomatique j’ai attendu de le recevoir et j’ai lu (pas tout de suite, j’ai commencé par l’économie), et j’ai découvert le nom de l’intervenant qui a écrit un article sur Onfray : Jean-Pierre Garnier, sociologue et auteur de Une violence éminemment contemporaine, ed. Argone, 2010.
Alors lui il fait pire que moi encore.
Camus vu par Onfray n’est autre que le miroir où celui-ci se mire et s’admire. (…) Dans ce brouet (…) on retrouve les amalgames qui firent fureur sous le règne mitterrandien, où l’affaissement du sens critique alla de pair avec l’abandon des idéaux progressistes (1). A commencer par le renvoi dos-à-dos des fascistes et des « marxistes » (2) assimilés au staliniens (…). Se compose ainsi au fil des pages le défilé des poncifs qui firent les beaux jours, trois décennies plus tôt de Bernard-Henri Levy et consorts. (…) Onfray dernier des « nouveaux philosophes ».
Après ça il décrit le phénomène que j’ai exposé dans mon article sur les bobos. Il va plus loin encore :
(…) énumération des méfaits, pesant d’un poids égal dans la balance tenue par Onfray, de la répression colonialiste en Algérie et de ceux commis par les indépendantistes.
Onfray insert à l’appui de ses thèses une série de photos : des camps d’extermination, de la guillotine de la Révolution, de civils Russes pendus par la Wehrmacht, d’un collaborateur fusillé par les résistants, de cadavres mutilés par les « terroristes du FLN« .
Je vais synthétiser certains passages de son article :
Il fait de Marx une cible de choix : il aurait méprisé le peuple de Paris qui se battait contre Thiers… mais c’est un faux sur lequel il s’appuie (3). Robespierre et Lénine en prennent pour leur grade pour avoir été des acteurs de la révolution chacun dans son pays. Mais le comble est contre Sartre qui aurait tenté de « tuer Camus » symboliquement oubliant totalement que Camus était un auteur reconnu, célébré et estimé dans le monde entier et qu’il eut le Nobel (que Sartre refusa) et qu’il faisait parti du Tout-Paris des lettres. Pour Onfray « le petit marigot parisien, mafieux à souhait« , « milieu intellectuel d’après-guerre imprégné de communisme » aurait « décidé de rendre la vie impossible à Camus« .
Déjà Onfray fait montre d’une ignorance crasse sur ce qu’est la chronologie de l’histoire que chaque temps a sa forme d’être et de penser, que le communisme d’après-guerre par exemple était la suite logique du poids dans la résistance des communistes Français et que le PC obtenait des 30 % aux élections nationales. Il conclut son article ainsi :
pour cet anarchiste couronné qui n’a pas craint d’aller « dialoguer » place Beauvau sur l’existence de Dieu et la différence entre le bien et le mal avec un ministre de la police devenu président (4) (à qui il demande) le transfert des cendres de Camus au Panthéon parce qu’il se trouverait ainsi « à l’origine d’une authentique révolution qui nous dispenserait d’en souhaiter une autre« .
Tout est dit, Onfray se fout totalement de la vie du peuple, ce qui lui importe n’est que le monde des idées tel qu’il le conçoit (dionysien), et ça suffirait à tous pour embellir leur vie. puisqu’il dit aussi « pas de grand soir, pas de révolution providentielle » il suffit d’une « gestion libertaire du capitalisme« . C’est-y pas un bobo dans toute sa splendeur ça ? il va dépasser Bernard-Henri Levy et si j’étais à la place de ce dernier je m’inquièterai de l’usurpation de ma place voire de mon dépassement.
J’avais raison de déjà me mettre en colère contre ce dit-philosophe que j’avais écouté, ahurie, dans On n’est pas couché, concernant son livre sur Freud en mai 2010.
… et dire qu’il a appelé à voter Besancenot un jour, on croit rêver.
Voilà la preuve des contre vérités qu’il avance sur Mélenchon
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(1) quand je dis que les bobos ont sévis !
(2) je suppose qu’ici il parle des mauvaises applications du communisme… parce que marxiste on l’est tous « redevenu » si jamais on s’en était détourné, l’actualité économique du monde nous montre tous les jours (depuis toujours en fait) que son analyse du capitalisme reste juste.
(3) Mathieu Léonard, L’Emancipation des travailleurs, La Fabrique, 2011
(4) Médiapart avait publié des extraits de cet entretien auquel je n’ai trouvé aucun intérêt, paru aussi dans Philosophie magazine n°8 mars 2007.