Un vent de contestation se lève contre l’austérité dans plusieurs pays européens

Et ce vent vient de partout :

Allemagne :

le vote des députés allemands, lundi soir (27 février), sur le déblocage d’une nouvelle tranche d’aide à la Grèce. Pour la première fois, la chancelière a perdu la majorité au Bundestag sur une question liée à la crise européenne. Vingt des 330 élus qui soutiennent sa coalition n’ont pas approuvé le texte. Angela Merkel a donc dû compter sur les voix de l’opposition – Verts et socialistes – pour faire adopter, à une très large majorité in fine, le plan d’aide.

Nouveau revers pour la chancelière, dès le lendemain : la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a bloqué les pouvoirs d’une commission parlementaire sur la crise. Ce panel avait été constitué pour prendre des décisions dans l’urgence et la confidentialité, au nom du Bundestag, sur le soutien à l’euro. Les juges ont estimé que les neuf personnes qui composaient le panel n’étaient pas assez représentatives des élus du Bundestag dans leur ensemble. Angela Merkel devra revoir sa copie. Encore un grain de sable, dans la grande mécanique bruxelloise, qui risque de ralentir la mise sur orbite du futur «MES», le Mécanisme européen de stabilité.

Après on s’étonnera qu’elle recherche l’appui de Sarkozy… vous croyiez que c’était le contraire ?

Irlande :

Mais la plus violente des secousses de la semaine est venue d’Irlande. En poste depuis moins d’un an, le premier ministre irlandais, Enda Kenny, a pris son premier vrai risque politique, en annonçant la tenue d’un référendum sur l’île sur le pacte budgétaire. Sans doute en mai, peut-être en juin. Jusqu’à présent, l’exécutif irlandais (une coalition de centre-droit et centre-gauche) avait tout fait pour y échapper, refroidi par les précédents «non» au traité de Nice, en 2001, et au traité de Lisbonne, en 2008.

Une campagne est donc désormais lancée en Irlande. Les avocats du «oui» (tous les partis, sauf le Sinn Fein et quelques formations d’extrême gauche) feront valoir que les 4,5 millions d’Irlandais, s’ils rejettent ce traité, ne pourront plus profiter de l’aide de l’Union pour éviter le défaut, comme c’est le cas aujourd’hui. Conformément aux volontés de Berlin, un pays doit en effet avoir ratifié le pacte budgétaire pour pouvoir profiter du Mécanisme européen de stabilité. Quant aux défenseurs du «non», ils vont faire du référendum un vote sur les politiques d’austérité imposées par l’Union.

Officiellement, à Bruxelles, personne ne dit mot. A la Commission ou au Conseil, toujours la même rengaine : pas de commentaire, chaque pays est libre de ratifier le texte comme bon lui semble. Dans les faits, c’est bien le scénario du pire qui est en train de se réaliser, tant les institutions bruxelloises sont allergiques à ce genre de consultations populaires… D’autant que la victoire du «non» est loin d’être exclue en Irlande. Le pacte budgétaire ne serait pas pour autant caduc : il suffit que douze pays, sur vingt-cinq, le ratifient pour qu’il entre en vigueur. Mais la mise au ban de l’Irlande aurait un poids symbolique considérable, surtout si l’île est le seul pays à organiser un référendum.

on nous l’a pas crié sur les toits. Rappel le PS s’est abstenu à l’AN dans sa grande majorité et l’a approuvé au Sénat (ce me semble) en tout cas c’est passé.

Espagne :

Dans ce climat d’instabilité, Madrid, de son côté, fait tout pour desserrer le carcan budgétaire défini par Bruxelles. Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol (droite), tentera d’obtenir, lors du Conseil européen, que la Commission relâche légèrement son objectif de déficit public pour l’année en cours – jusqu’à présent fixé à 4,4 % du Produit intérieur brut (PIB). Il semble peu probable que Rajoy obtienne gain de cause dès cette fin de semaine, mais l’exécutif bruxellois devrait accepter de lâcher du lest, dans le courant du mois de mars. Là encore, c’est exactement le genre d’incertitude, et de flou, que les marchés détestent.

douze chefs d’état font une lettre au Conseil européen et présidents de la Commission pour les exhorter à inclure un volet de croissance

tient j’ai pas entendu Hollande en parler, à moins qu’il soit censuré ou moi sourde,

dont Mario Monti (Italie), David Cameron (Grande-Bretagne), Mariano Rajoy (Espagne) et Donald Tusk (Pologne).

C’est un camouflet au couple merkozy qui n’a que le mot austérité à la bouche. Et notre prochain élu présumé il en dit quoi ? j’aimerai l’entendre à ce sujet.

PDFlettre en anglais des douze chefs d’état

source Mediapart pour les citations

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.