Cette opération n’est pas toujours bien menée, d’autant que la fillette se débat. Il arrive qu’un coup de couteau maladroit ou une exploration malhabile transperce la vessie ou défonce le rectum. Si la fillette s’évanouit, la mère lui souffle, pour la ranimer, dans les narines de la poudre de piment.La fillette se met à hurler : certaines fois elle se coupe la langue (…) Si la langue sort, (on) lui jette de la poudre de piment (…) A ce stade, l’enfant, épuisée cesse généralement de crier mais est prise de convulsions.(…)Il faudra immobiliser ensuite les cuisses de la patiente au moyen de cordes en poil de chameau. Ce garrot est solidement fixé de la ceinture jusqu’au pli du genou. La fillette, portée sur une natte demeure étendue un quinzaine de jours. Durant cette période ses excréments stagnent évidemment sous elle.(…)On imagine le calvaire qu’est la cicatrisation, les douleurs réveillées par le passage de l’urine, l’obligation de dormir et marcher un coussin entre les cuisses pour ne pas comprimer la vulve boursouflée, grossièrement recousue et qui deviendra une cicatrice hideuse.
La très riche innervation locale souligne le caractère extrêmement douloureux de la clitoridectomie, la possibilité en cas de section malheureuse d’hyperesthésie locale, persistante (…) analogue aux douleurs du moignon
avec douleur fulgurante à chaque émission d’urine.