Le Comte de Monte-Cristo, tome 1, Alexandre Dumas

Quand on commence à lire un tel livre on en connait déjà tout le déroulement car on a vu des films ou des téléfilms tirés ou inspirés par lui.

Ce qu’on ne sait pas c’est le rythme que l’auteur – Dumas – lui a donné à l’origine, c’est ce qu’on va rencontrer au fil des pages avec plus ou moins de déstabilisation.

L’écriture de Dumas est chaque fois différente dans ses romans. Dans Les Trois Mousquetaires il a une écriture du XVIIe adapté au XIXe très belle, rythmée, vocabulaire plaisant, formules de politesses comprises ; cependant dans La Reine Margot il n’a pas une écriture du XVIe, mais dans Le Comte de Monte-Cristo il a une écriture de son temps, dont on a la grande habitude dans nos romans de cette époque qui ont fait la base de la littérature française moderne. Ici elle est adaptée au caractère du personnage principal, plutôt rêveur, réfléchissant sans cesse et se cachant aussi à nous, dans Les Trois Mousquetaires elle changeait selon celui mis en jeu. Autrement dit Dumas est un grand écrivain qui adapte son écriture à la situation de ses romans.

Pour le déroulement de l’histoire on est surpris. La grande moitié du livre raconte des relations que Dantés croise en Italie. D’autre part on apprend qu’il parlerait Arabe mais on ne sait jamais comment il l’aurait appris car on ne participe pas à ces voyages-là. On découvre dans le troisième tiers – moment où il commence à poser ses vrais bases d’établissement – du livre qu’il sait plein de choses sur l’argent, les mœurs, le droit, et là non plus on n’assiste pas à ses apprentissages, on ne sait donc pas comment il les a acquis. C’est dommage et un peu surréaliste, car on démarre avec un jeune homme simple et droit et ce personnage devient d’une grande complexité sans qu’on sache par quels chemins il y a abouti.

Il commence dans ce tome à poser ses repaires pour sa vengeance qui ne commencera vraiment que dans le tome 2.

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Le Comte de Monte-Cristo 1, Alexandre Dumas, édition Folio classique, 703 p., Préface de Jean-Yves Tadié, édition établie et annotée par Gilbert Sigaux, 1981/1998.

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