Wisconsin de Mary R. Ellis

Je lis pas mal quand je suis en voyage. La première raison est que je n’ai pas la télé. Ce livre je l’avais acheté l’année dernière en Thaïlande, en France je vais à la bibliothèque et l’avais laissé de côté. Je l’ai ramené car il répond à un bon rapport quantité de lecture/poids (10/18, 442 p., 2008).Et bien le petit commentaire du dos m’avais tenté mais je ne m’attendais pas du tout à ça malgré tout.Il est bien construit (j’y suis très sensible), d’une manière inhabituelle, l’écriture ne comporte pas d’accros, elle coule simplement. Pas de personnage principal car chacun à la parole au même degré au fil des chapitres. L’histoire est des plus sombres, mais sans pathos, chacun fait comme il peut pour « survivre ». Dans le fin fond de la campagne américaine, une famille de deux enfants qui grandissent, et un couple de voisins, ainsi qu’un chien qui a son importance. Les enfants : pour l’un de 9 ans jusqu’à l’âge adulte. L’aîné (je vous le dis ?) va mourir au Vietnam, et son esprit va revenir planer au-dessus des vivants et même avoir des souvenirs… moi la rationnelle n’a pas été gênée parce que c’est bien fait.Quand on connait un peu le Vietnam on voit la description de la guerre d’une manière assez différente, je crois que l’on comprend mieux. Enfin je ne m’attendais pas à ces scènes d’horreur, de peur, de boue, de jungle, de corps à corps, de mort. Quelle connerie la guerre et dire qu’ils ont remis ça en Irak. Après on voit les GI revenir au Vietnam : pour se faire pardonner ? pour guérir ? pour connaître les Vietnamiens sous un autre angle ? Vont-ils faire pareil avec l’Irak dans quelques années ? Car on ne voit les Américains nul part ailleurs en Asie du Sud-Est.Le père est alcoolo… et violent. Il bat sa femme et torture ses enfants, le plus petit en particulier… on ne le sait que vers la fin. Tout le monde fait ouf quand il meurt.Les voisins sont un couple qui a l’air idéal presque trop : beaux, sensibles, travailleurs, unis, ils ont un chien qui tient un rôle important pour tout le groupe. Malgré tout le mec a un « défaut » : il est moitié Indien, ce qui permet au père alcoolo de l’insulter…Mais enfin heureusement qu’ils sont là pour aider comme ils peuvent leurs enfants voisins dont la mère est débordée par le sort que le père lui fait vivre. Surtout qu’ils ne peuvent pas avoir d’enfant alors ils reportent leur manque sur ces deux enfants à qui ils s’attachent… très difficile de décrire ces rapports de fuite-attirance qu’ils ont entre eux.Et comme c’est américain ça finit bien… ce serait français je ne sais ?

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